La tragedie Len Bias

Publié par Hyde | 05/03/2016 | Tags : , , , , ,

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Len Bias, aurait pu, aurait dû, être une star de la NBA.

“Len qui ?” – Len Bias !

Len Bias, membre d’une fratrie de quatre enfants, est né dans le Maryland dans la banlieue de Washington. Elevé dans une famille de classe moyenne cassant les stéréotypes des familles noires américaines, Lias avait une relation saine avec ses parents qui lui offraient le cocon familial idéal pour s’épanouir. Malgré toutes ces conditions idéales, personne ne pourra le mettre à l’abris de son “ami”, Brian Tribble.

Comme de nombreux gamins de son quartier, Bias se met au basketball et tombe amoureux du ballon orange. Vraie star au lycée puis à l’université, il va être rapidement comparé à Michael Jordan, tout fraichement drafté et dans sa deuxième année professionnelle.

Le 17 juin 1986, la draft NBA organisée au Madison Square Garden à New-York, voit les Boston Celtics, champions en titre, sélectionner en deuxième choix Len Bias afin de rejoindre l’équipe de Larry Bird et de ses acolytes.

Personne n’était plus enthousiaste que Larry Bird de jouer avec le jeune prodige qu’il avait voulu rencontrer au summer camp des rookies pour partager du temps avec lui.

Bias aurait dû être le joueur phare qui allait permettre aux Celtics de rééllement créer une des meilleures équipes de la NBA. Sans Bias, l’histoire fût différente, un certain Michael Jordan, pris contrôle de la conférence Est et gagna six bagues de champions durant les années 90.

Au lendemain de la draft, les contrats des Celtics ($700.000) et de Reebok ($1.6M) en poche, Bias retourna dans sa petite fac du Maryland. De retour au campus, il retrouva des amis pour diner et fêter son arrivée dans la ligue professionnelle. Présent dans l’assistance : Brian Tribble, pote d’enfance et influenceur. Celui-ci fût jeté de l’équipe de basket de la fac mais Bias le garda en ami. Reconverti en dealer local, sa présence lui permettait de se procurere la fameuse poudre tant recherchée par une minoritée et pourtant disponible dans les rues.

Len Bias et ses amis donc se rejoignirent pour partager quelques lignes de coke ensemble. Même avec son physique de colosse, (le bébé mesurait plus de deux mètres pour un peu moins de cent kilos), son coeur n’allait pas réussir à encaisser cette douce substance qui lui ôta la vie dans cette nuit du 19 juin 1986. Les secours arrivèrent trop tard et c’est ainsi que se termina la carrière d’un potentiel all-star.

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A l’époque de nombreuses personnes pensaient que Bias n’avait jamais consommé de cocaïne. Le rapport de police contredira cette opinion en annonçant que la quantité de drogue pure retrouvée dans son corps correspondait de 3 à 5 fois la dose létale pour une personne “normale”.

La cocaïne au début des années 80 allait rééllement transformer le monde du sport. Sa consommation par les athlètes a contribué à la création du symbole de pouvoir et de statut privilégié pour quelques élites et marginaux.

L’annonce de la mort de Bias créa un vrai raz-de-marée médiatique. Jamais dans l’histoire des USA, un consommateur de cocaïne, noir de surcroit, n’aura généré autant d’attention de la part du public américain. Pour comprendre l’ampleur médiatique, il faut bien assimiler le fait qu’à l’époque la cocaïne était une nouvelle drogue. Le manque d’informations sur ses effets secondaires et la surprise qu’un athlète tel que Bias s’envoyait quelques lignes allaient égarer une grande partie des américains. Sa mort était la première du genre et allait changer la donne sur la consommation des stupéfiants aux Etats-Unis et fût la cause du passage de la loi “Anti-Drug Abuse Act” connu également sous le nom de loi Len Bias. De nos jours, une nouvelle du même acabit n’aurait pas du tout le même impact. Nombreuses sont les victimes liées à l’alcool et/ou aux drogues dans la ligue américaine, de telle sorte que cela ne choque plus.

Quatre jours après son décès, plus de 11.000 personnes lui rendirent hommage à l’université du Maryland. Certains même, tels que l’expert du basketball NCAA, Jay Bilas dira : “Pour de nombreuses personnes de la génération de mes parents, la mort du président Kennedy a marqué l’histoire. Pour moi et je pense pour de nombreuses personnes de mon âge, le temps a été marqué par la mort de Len Bias”.

Le maillot, estampillé du numéro 30, allait être offert à sa mère le 30 juin lors d’une commémoration organisée par la NBA et les Boston Celtics. Evènement tragique pour les parents qui allaient perdre leur autre fils Jay, joueur de basket, également quatre ans plus tard, assassiné lors d’une dispute dans un centre commercial. Il allait mourir dans le même hopital que son frère et repose à côté de lui au “Lincoln Memorial Cemetery”

Ce jeune avait tout pour laisser des souvenirs mémorables à la ligue mais son aventure s’arrêta cette nuit du 19 juin.

Hommage

Le documentaire suivant revient plus précisemment sur qui était Len Bias et relate les évènements de cette tragédie.

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